Traces & Mouvement de l'Atelier

Chroniques

Recherches, passages en production, mises en ligne et déplacements des œuvres hors de l'atelier.

25, 26 et 27 septembre 2026

L'Association UDERO emmène l’UNRU et Femmes en Mémoire à Marseille

Affiche UDERO Marseille : L'UNRU et Femmes en Mémoire

Il y a des récits qui restent là où ils sont nés.
Et puis il y a ceux qui prennent la route, passent de main en main, rencontrent d’autres histoires et se transforment en chemin.

Du 25 au 27 septembre 2026, UDERO emmène l’UNRU et Femmes en Mémoire à Marseille, à la Maison d’Émancipation imaginaire.

Dans la valise, pas de recette toute faite.
Quelques voix, des images, des œuvres, des souvenirs, des questions… et la curiosité de voir ce qui peut surgir d’une rencontre.

Pendant trois jours, les récits vont circuler entre rencontres, performances, expositions, lectures, échanges et collaborations. La recherche croisera la création, la mémoire vivante rencontrera d’autres territoires, et les œuvres sortiront de l’atelier pour se laisser déplacer par celles et ceux qui les rencontrent.

« C’est un peu la règle de Mam’zelle Stone :
prendre quelque chose de presque anodin, le déposer au milieu des autres, et attendre de voir ce qui en surgit. »

Un récit peut rester avec celle qui le porte.
Une voix peut en rencontrer une autre.
Une idée peut changer de forme.
Une rencontre peut devenir le début d’une autre histoire.

À Marseille, Femmes en Mémoire poursuit ainsi son chemin, avec cette attention particulière aux paroles que l’on recueille sans les enfermer, et à la mémoire qui continue de vivre lorsqu’elle peut circuler.

La valise s’ouvre.
Les histoires sont là.
À nous de voir ce qu’elles vont composer ensemble.
Explorer · Partager · Chercher · Créer · Transmettre · Ensemble.

Août 2026

La Soupe aux cailloux — Le jeu de Mam’zelle Stone

Mam’zelle Stone et le jeu de La Soupe aux cailloux

Il existe un vieux conte, connu sous de nombreuses formes à travers l’Europe et l’Asie.

Un voyageur arrive dans un village. Personne ne veut lui ouvrir sa porte. Alors il demande seulement un chaudron, de l’eau et un caillou. Il annonce qu’il va préparer une soupe.

La curiosité fait le reste. Un oignon apparaît, puis quelques carottes, un morceau de lard. Peu à peu, chacun apporte quelque chose. À la fin, le caillou est toujours au fond de la marmite. Il n’a rien donné à la soupe et pourtant, sans lui, rien n’aurait commencé.

« Le caillou ne produit rien. Il crée les conditions pour que quelque chose circule. »

C’est cette idée qui est devenue le point de départ d’un nouvel atelier : La Soupe aux cailloux, le jeu de Mam’zelle Stone.

Je voulais retrouver dans le jeu cette mécanique toute simple du conte : partir de presque rien et laisser chacun apporter ce qu’il souhaite. Un mot peut suffire. Une image. Un souvenir. Une sensation. Quelque chose de réel ou quelque chose d’inventé.

Le récit n’est pas une réponse à donner. Il peut apparaître, bifurquer, rester très court ou prendre un chemin inattendu. Il peut appartenir à celle qui le raconte, ou rencontrer celui d’une autre.

Le caillou, lui, continue de circuler.

C’est ainsi que Mam’zelle Stone est apparue. Un jour, en Écosse, j’ai ramassé un galet parmi des milliers d’autres. Un caillou parfaitement ordinaire. J’ai choisi de lui donner un visage, une voix, une histoire.

Peut-être parce que c’était déjà, en quelque sorte, ce que racontait le vieux conte : regarder autrement une chose presque insignifiante et découvrir ce qu’elle peut mettre en mouvement.

Mam’zelle Stone est devenue le personnage du jeu. Elle porte cette invitation : prendre un mot, un objet ou un souvenir presque anodin et voir ce qui en surgit.

Et puis les récits commencent à se croiser. Une mémoire en appelle une autre. Un mot change de sens en passant d’une personne à l’autre. Une histoire se transforme au contact d’une autre. Ce qui était individuel devient peu à peu matière commune.

À la fin, il reste une soupe différente à chaque partie.

Pas une histoire écrite à l’avance.
Pas une collection de témoignages.
Une histoire apparue en chemin.

C’est peut-être là que le conte rejoint le projet : le caillou est toujours là, au fond de la soupe.

« Il n’est pas l’histoire. Il permet qu’elle advienne. »
Août 2026

PSAï passe en production

Psai production

PSAï quitte l’état de prototype. L’outil tourne désormais dans l’atelier, sur une machine locale, et sert réellement à préparer la matière de Femmes en Mémoire : transcription, relevé des silences, unités de parole, relecture validée, fiche documentaire et extraction audio.

La chaîne s’arrête deux fois et attend une écoute humaine : une unité de parole n’existe qu’après avoir été relue et signée, un fragment n’est retenu qu’après une décision explicite.

Juillet 2026

Femmes en Mémoire est en ligne

La plateforme ouvre au public. Des femmes peuvent y déposer leur récit, le conserver, le modifier ou le retirer à tout moment. Avec Mémoires partagées, les visiteurs découvrent des extraits mis en résonance par leurs émotions, leurs expériences de vie, leurs époques ou leurs territoires.

C’est la première œuvre de l’atelier à sortir de l’atelier. Elle devient aussi l’œuvre-source : la matière vocale et mémorielle à partir de laquelle les autres travaux peuvent commencer.

Avril 2026

Obtention du diplôme de Product Builder

Concevoir un produit numérique de bout en bout : comprendre un besoin, décider ce qui mérite d’être construit, l’architecturer, le réaliser et le mettre en ligne. Ce diplôme met un nom sur une pratique déjà à l’œuvre dans l’atelier.

Ce que cela change concrètement : les dispositifs qui rendent les œuvres possibles (architecture des données, interfaces, bases de données, outils d’analyse de la voix) sont conçus et tenus ici, sans intermédiaire.

2025

Naissance de Morphesys

Création d’un atelier de recherche consacré à la voix, au souffle et à la mémoire vivante, où se croisent création plastique, numérique et sonore.

Morphesys naît d’un déplacement : après le bois, le métal, la résine et le tissu, une autre matière entre dans le travail — la voix. Non pas comme un enregistrement à conserver, mais comme une matière à sculpter, avec son grain, ses hésitations et ses silences.