Portrait d'Anne V.
Parcours & Démarche

Anne V

Je suis sculptrice, Morphogène, plus précisément — celle qui engendre les formes du vivant.

Je travaille la matière sous différentes formes : bois, métal, résine, tissu, son, voix, données. Au sein du Collectif Anka Girls, je crée des œuvres qui interrogent la représentation des femmes, leur visibilité, leur présence et leur place dans notre société.

L'émergence de l'intelligence artificielle a transformé profondément notre rapport au monde, aux images, et aux récits. Ma pratique s'est élargie avec ces transformations. Je continue à travailler la matière mais j'explore aussi le monde numérique comme un nouvel espace de création et de recherche. Il ouvre également un autre rapport au public : l'œuvre peut sortir de l'espace d'exposition, circuler autrement, entrer dans des lieux et des usages différents, et rencontrer des personnes qui ne franchiraient pas nécessairement la porte d'une galerie ou d'un lieu culturel. Le numérique devient ainsi non seulement un espace de création, mais un espace de rencontre et de transmission. J'y explore notamment une autre dimension de la présence : la voix et le souffle.

Les voix des femmes surtout. Leurs récits, leurs silences, leurs hésitations, leurs absences. Ce qui se dit, ce qui se retient, ce qui demeure.

Avec Femmes en Mémoire, je crée un espace où ces paroles peuvent être confiées et où leur mémoire peut continuer à vivre. Avec PSAï, je développe un outil d'analyse et de transformation de la matière vocale : il écoute, découpe, caractérise et révèle des fragments de souffle, de silence et de présence qui pourront ensuite devenir matière artistique.

Morphesys est l'atelier où ces recherches se rencontrent.

J'y conçois moi-même les œuvres et les dispositifs qui les rendent possibles : architecture des données, interfaces, bases de données, outils d'analyse de la voix, intelligence artificielle, systèmes génératifs et installations interactives.

Mon parcours s'est construit par la pratique et l'expérimentation. Je passe d'une matière à l'autre, de la sculpture au code, du geste plastique à l'architecture numérique, en apprenant ce que chaque projet exige et en allant jusqu'à sa mise en œuvre. Femmes en Mémoire est en ligne. PSAï est opérationnel. Exha Vocalis est passé du concept à l'œuvre en développement. Ce qui m'intéresse est de faire passer une intuition dans la matière, puis de la confronter au réel jusqu'à ce qu'elle fonctionne.

« Une exigence traverse ces différentes matières : construire des formes et des systèmes qui ne trahissent pas celles et ceux qui les habitent ou les confient. »

Pour moi, le consentement n'est pas une case à cocher mais une architecture. La voix reste liée à celle qui l'a confiée. Le retrait reste possible. La publication nécessite une validation humaine.

« De la matière au souffle, c'est le même geste : faire apparaître une forme à partir de ce qui était là, parfois invisible. »

— Anne V · Plasticienne du Vivant · Grand Est

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